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De GAULLE - Mitterand 2/3

  2/3   L’un a fait la France ; l’autre a largement contribué à la défaire… […] La question: «Que ferait de Gaulle?» n’est pas si sotte ni si vaine que cela car il a laissé une doctrine simple: celle du souverainisme selon laquelle le peuple est l’horizon indépassable de toute vérité politique, ce qui ne va pas sans l’indépendance de la France, une puissance et une force, une potentialité et une énergie à maintenir coûte que coûte. Le chef de l’État ne se sert pas de l’État mais il le sert, car il est lui-même un instrument au service de la volonté populaire. Le fin mot de la République est donc la consultation électorale qui permet de savoir ce que veut le peuple. Dans cette configuration, l’objectif du chef de l’État n’est pas de tout faire pour être élu ou réélu, mais de proposer un contrat social auquel seul le peuple peut consentir et qu’il est le seul à pouvoir rompre: l’élection permet en effet le mouvement politique par excellence, la dynamique démocratique - élection ...

Lamartine. La nuit, quand par hasard je m'éveille

 




La nuit, quand par hasard je m'éveille, et je pense

Que dehors et dedans tout est calme et silence,

Et qu'oubliant Laurence, auprès de moi dormant,

Mon coeur mal éveillé se croit seul un moment ; 

Si j'entends tout à coup son souffle qui s'exhale,

Régulier, de son sein sortir à brise égale, 

Ce souffle harmonieux d'un enfant endormi !

Sur un coude appuyé je me lève à demi,

Comme au chevet d'un fils, une mère qui veille ;

Cette haleine de paix rassure mon oreille ; 

Je bénis Dieu tout bas de m'avoir accordé

Cet ange que je garde et dont je suis gardé ; 

Je sens, aux voluptés dont ces heures sont pleines,

Que mon âme respire et vit deux haleines ;

Quelle musique aurait pour moi de tels accords ?

Je l'écoute longtemps dormir, et me rendors ! 



Alphonse de Lamartine, 

De la grotte, le 16 décembre 1793

In Jocelyn (1836).





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