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Articles

De GAULLE - Mitterand 2/3

  2/3   L’un a fait la France ; l’autre a largement contribué à la défaire… […] La question: «Que ferait de Gaulle?» n’est pas si sotte ni si vaine que cela car il a laissé une doctrine simple: celle du souverainisme selon laquelle le peuple est l’horizon indépassable de toute vérité politique, ce qui ne va pas sans l’indépendance de la France, une puissance et une force, une potentialité et une énergie à maintenir coûte que coûte. Le chef de l’État ne se sert pas de l’État mais il le sert, car il est lui-même un instrument au service de la volonté populaire. Le fin mot de la République est donc la consultation électorale qui permet de savoir ce que veut le peuple. Dans cette configuration, l’objectif du chef de l’État n’est pas de tout faire pour être élu ou réélu, mais de proposer un contrat social auquel seul le peuple peut consentir et qu’il est le seul à pouvoir rompre: l’élection permet en effet le mouvement politique par excellence, la dynamique démocratique - élection ...

La Fontaine. Le chêne et le roseau

Le Chêne et le Roseau Le Chêne un jour dit au Roseau : " Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ; Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau. Le moindre vent, qui d’aventure Fait rider la face de l’eau, Vous oblige à baisser la tête : Cependant que mon front, au Caucase pareil, Non content d’arrêter les rayons du soleil, Brave l’effort de la tempête. Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr. Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage Dont je couvre le voisinage, Vous n’auriez pas tant à souffrir : Je vous défendrais de l’orage ; Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords des Royaumes du vent. La nature envers vous me semble bien injuste. - Votre compassion, lui répondit l’Arbuste, Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci. Les vents me sont moins qu’à vous redoutables. Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici Contre leurs coups épouvantables Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin. " Comme il disait ces mots, Du bout de l’horizon acc...

Cela dit en passant

À l’heure où chacun n’aspire qu’à retrouver les bonheurs simples de l’existence, l’appel de célébrités à «ne pas retourner à la normale» a quelque chose de profondément choquant. Ils sont revenus, ils sont tous là… on les avait presque oubliés. Madonna, Cate Blanchett, Robert de Niro, Pierre Niney, l’inévitable Juliette Binoche… Deux cents artistes et scientifiques ont signé un «manifeste» dans Le Monde appelant à «une transformation radicale» de nos sociétés après le Covid. «Il nous semble inenvisageable de “revenir à la normale”», proclament-ils dans un texte sommaire. Inquiets de «l’extinction massive de la vie sur Terre [qui] ne fait plus de doute», les artistes parmi les mieux payés du monde appellent à en finir avec le «consumérisme». À l’heure où chacun n’aspire qu’à retrouver les bonheurs simples de l’existence, cet appel à «ne pas retourner à la normale» par des gens qui, de lofts spacieux en plaisirs sophistiqués, n’ont souvent plus idée de la vie commune, a quelque chose de...

DESNOS - Sol de Compiègne ! (Le dernier poème de Robert DESNOS)

Robert DESNOS Tableau de ©Francine MAYRAN.  Robert Desnos naît le 4 juillet 1900 .  Il aurait 120 ans aujourd'hui. On connait sa fin tragique, évoquée plusieurs fois déjà. Voici  son dernier poème,   composé et écrit au camp de Compiègne-Royallieu.          Sol de Compiègne !     CHŒUR  (très pressé et comme se chevauchant) Craie et silex et herbe et craie et silex Et silex et poussière et craie et silex Herbe, herbe et silex et craie, silex et craie (ralenti) Silex, silex et craie Et craie et silex Et craie... UNE VOIX Quelque part entre l’Hay-les-Roses Et Bourg-la-Reine et Antony Entre les roses de l’Hay Entre Clamart et Antony CHŒUR  (très rythmé) Craie et silex — craie et silex Et craie Et silex et craie et silex et craie Et silex UNE VOIX Entre les roses de l’Hay Et les arbres de Clamart Avez-vous vu la sirène La sirène d’Antony Qui chantait à Bourg-la-Reine Et qui chante encore à Fresnes. CHŒUR Sol de Compiègne ...

Emile Verhaeren. Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages

Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages. Le soir se fait, un soir ami du paysage, Où les bateaux, sur le sable du port, En attendant le flux prochain, dorment encor. Oh ce premier sursaut de leurs quilles cabrées, Au fouet soudain des montantes marées !   Emile Verhaeren   extrait du poème "Le Voyage",  In   Les Forces tumultueuses

Rilke. Ciel nocturne et chute d'étoile

Ciel nocturne et chute d'étoile Le ciel, grand, plein de retenue splendide, une provision d'espace, un excès de monde. Et nous, trop loin pour nous laisser façonner, trop près pour nous en détourner. Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir, d'un regard bouleversé, rivé à elle et pressant : Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ? Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?  Rainer Maria Rilke In Poèmes à la nuit

Cyrano

Cyrano de Bergerac  •  Crédits :  Brigitte Enguérand / Comédie Française Arnaud Laporte, producteur de  La Dispute , revient sur l’histoire de cette pièce hors-norme, et analyse le très grand succès de cette production de la Comédie Française, avant sa  diffusion dimanche 3 mai à 20h50 sur France 5 . Un monument national Nous sommes le 27 décembre 1897, soir de la Première de  Cyrano de Bergerac  au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Le jeune dramaturge Edmond Rostand, âgé de 29 ans, s’excuse avant le lever de rideau auprès de son acteur, Coquelin, de l’avoir " entraîné dans cette désastreuse aventure ". On connaît la suite : quarante rappels, et Rostand fait chevalier de la Légion d’Honneur deux jours plus tard par le Président du Conseil ! Sans doute faut-il faire un peu d’histoire pour comprendre le destin de cette pièce, et rappeler tout d’abord que Rostand était un dreyfusard convaincu. L’écriture de Cyrano se situe sous l’influence de l’air d...

Andrée Chedid. Terre des songes, extrait

J'ai ravi l'enfant-roi qui croyait au voyage Par dessus les toits blêmes, j'ai jeté mon oubli. Nous nous sommes absentés Laissant l'ombre déchirée du grand chêne sur les        marches Le cri blanc des terreurs, L'angle qui rive nos murailles. Sur mon épaule droite, j'ai pris l'enfant-roi. Nos traces, le long des terres déteintes, Avaient l'ardeur des gorges d'oiseaux.  Andrée Chedid,  In   Double-pays