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Articles

De GAULLE - Mitterand 2/3

  2/3   L’un a fait la France ; l’autre a largement contribué à la défaire… […] La question: «Que ferait de Gaulle?» n’est pas si sotte ni si vaine que cela car il a laissé une doctrine simple: celle du souverainisme selon laquelle le peuple est l’horizon indépassable de toute vérité politique, ce qui ne va pas sans l’indépendance de la France, une puissance et une force, une potentialité et une énergie à maintenir coûte que coûte. Le chef de l’État ne se sert pas de l’État mais il le sert, car il est lui-même un instrument au service de la volonté populaire. Le fin mot de la République est donc la consultation électorale qui permet de savoir ce que veut le peuple. Dans cette configuration, l’objectif du chef de l’État n’est pas de tout faire pour être élu ou réélu, mais de proposer un contrat social auquel seul le peuple peut consentir et qu’il est le seul à pouvoir rompre: l’élection permet en effet le mouvement politique par excellence, la dynamique démocratique - élection ...

Billet

 

La Fontaine. Le Cygne et le Cuisinier

Le Cygne et le Cuisinier  Dans une ménagerie De volatiles remplie Vivaient le cygne et l'oison (1) : Celui-là destiné pour les regards du maître ; Celui-ci, pour son goût : l'un qui se piquait d'être Commensal (2) du jardin ; l'autre de la maison. Des fossés du château faisant leurs galeries, Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur l'onde, et tantôt se plonger, Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies. Un jour le cuisinier, ayant trop bu d'un coup, Prit pour oison le cygne ; et le tenant au cou, Il allait l'égorger, puis le mettre en potage. L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage. Le cuisinier fut fort surpris, Et vit bien qu'il s'était mépris. " Quoi ? je mettrais, dit-il, un tel chanteur en soupe ! Non, non, ne plaise aux dieux que jamais ma main coupe La gorge à qui s'en sert si bien ! " Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe Le doux parler ne nuit de rien. Jean de La Fontaine  In Fab...

Jules RENARD. Journal

  Jules RENARD. Journal, 1893, extraits du 5 avril 1893        Le  Journal   de Jules Renard est un concentré de traits vifs, acérés, -parfois violents comme c'est le cas à l’encontre d’Edmond Rostand- mais où la cruauté pèche par excès de timidité et tente de cacher une voix plus tendre.  N’écrit-il pas  «  Quelle manie de dire des mots d’esprit aux gens quand on voudrait les embrasser »  ?  Ne s’autoflagelle-t-il pas, lui  l’immense travailleur , quand il écrit  « Le travail pense, la paresse songe. »  ? Liste  CAPUS.  Vingt livres à emporter dans une île déserte  1) Candide - Voltaire 2) Le Mariage Forcé. 1/4 de grosses farces - Molière, 3) Le Barbier de Séville. Le Mariage de Figaro - Beaumarchais, 4) Robinson Crusoë - Daniel Defoe, 5) Gulliver - Swift, 6) Histoire Universelle - Bossuet, 7) Les Brigands - Schiller, 8) Falstaff - Shakespeare, 9) Mme Bovary - Flaubert, 10) Eug...

Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut, de l’Académie française publie un bijou de poésie et d’inventivité pour les amoureux de la langue française. Les amoureux de la langue française le savent: la quête du mot juste obsède. «Aimer» n’est pas «adorer», «chérir» n’est pas «admirer», «s’éprendre» n’est pas «se passionner». Il arrive qu’un terme déçoive, trop infidèle à la réalité que nous cherchons à exprimer. Les plus téméraires font alors preuve d’imagination et créent des néologismes. Balzac inventa le verbe  «anecdoter»,  Rimbaud nous légua l’adjectif «abracadabrantesque» et Céline, le terme  « blablater ». Alain Finkielkraut, dans un ouvrage savoureux (paru à l’origine en 1981), nous en propose des dizaines d’autres.  «Livresse»  désigne un  «étourdissement, visage hagard, démarche titubante des jours où l’on a trop lu ». Un « contrâleur » est un « employé de la SNCF dont la fonction est d’empêcher les passagers de mettre leurs pieds sur les banquettes, et de punir le...

Jules Renard. Nouvelle Lune

  Nouvelle Lune L’ongle de la lune repousse. Le soleil a disparu. On se retourne : la lune est là. Elle suivait, sans rien dire, modeste et patiente imitatrice. La lune exacte est revenue. L’homme attendait, le cœur comprimé dans les ténèbres, si heureux de la voir qu’il ne sait plus ce qu’il voulait lui dire. De gros nuages blancs s’approchent de la pleine lune comme des ours d’un gâteau de miel. Le rêveur s’épuise à regarder la lune sans aiguilles et qui ne marque rien, jamais rien. On se sent tout à coup mal à l’aise. C’est la lune qui s’éloigne et emporte nos secrets. On voit encore à l’horizon le bout de son oreille. Jules RENARD in  Histoires naturelles

REVERDY. Sur un petit air

Sur un petit air Le cœur vole vole vole Dans les tourbillons du vent Le cœur vole vole vole Dans les rayons du printemps. Le cœur vole vole vole Dans la cage des amants Le cœur vole vole vole Dans l'orage et les tourments. Puis se pose pose pose Se pose bien sagement Puis se pose pose pose Entre les bras d'un enfant. Pierre REVERDY Les amants heureux, dit aussi La Cage Jean-Honoré Fragonard Note : Le berger tient entre ses mains la colombe qui doit rentrer rentrer dans sa cage. Mais, par jeu (?!...), la bergère la soulève hors de sa portée. De l’autre main, elle tient le fil qui déclenche le piège à oiseaux situé en contrebas. Seule la bergère a la maîtrise de ce qui entre ou n’entre pas dans la cage…

Guenoun

  © Joël Guenoun